Projet graffiti à La Sauvegarde

Selon Boris CYRULNIK...

Tous les moyens d’expression donnent forme à l’humanité : le dessin, le théâtre ou l’écriture métamorphosent l’horreur et la transforment en œuvre d’art.

Le SAFA accompagne des enfants, adolescents et leurs familles dans le cadre de mesures d’assistance éducative en milieu ouvert à moyens renforcés. Au-delà des suivis individuels et familiaux qui sont à la base des actions éducatives menées, le projet de service se veut proposer des supports d’activités collectives qui puissent favoriser la participation, l’ouverture vers l’extérieur, le lien social et dans le prolongement l’individuation. 
Au travers d’un projet artistique axé sur la peinture, faisant appel à la créativité, à l’élaboration et à la mise en matière, les jeunes peuvent alors laisser s’exprimer leur personnalité et leur originalité dans un processus de création valorisant.
Dans le cadre d’un projet artistique collectif, le principe étant d’échanger des idées, de se mettre d’accord sur le choix des couleurs, de la typographie, de parler d’esthétique et de goût, avant de prendre une décision collégiale tout en respectant les propositions de chacun.
En effet, l’objectif étant bien que les jeunes soient acteurs de leur projet, accompagnés et bordés par les artistes peintres et les éducatrices.
Enfin l’idée étant aussi de participer à un projet commun qui profite à tous ; en premier lieu aux jeunes participants mais qui puisse aussi bénéficier à l’ensemble des familles accompagnées et des professionnels du site de la Rue de Maupertuis.
Par ailleurs, la participation à la création d’une œuvre à La Sauvegarde pourrait permettre aux jeunes suivis dans le cadre de mesures judiciaires, de revisiter l’espace dédié et de s’approprier les lieux, d’une certaine manière.
C’est pourquoi nous imaginons peindre le mur du parking du site de la Rue de Maupertuis (la partie du mur devant lequel il y a des places de parking non numérotées, qui se prolonge en perpendiculaire du mur fleuri).

Le projet graffiti serait mené avec des jeunes suivis par l’équipe du SAFA de BREST et pourrait être un prolongement du projet jardin inter-service ayant vu le jour en 2019.
En partenariat avec le service espace vert de Brest Métropole, le DEMOS et le SESSAD avaient accompagné 10 enfants, de février à juin, pour fleurir l’espace commun du site de La Sauvegarde.

Le projet est à destination d’un groupe de 5 enfants de 10 à 13 ans.
Deux graffeurs ont réalisé la prestation.
L’animatrice du SAFA et une référente éducative ont encadré l’activité, gérer l’intendance (repas, goûters…) et réaliser les déplacements avec les jeunes.

  • Mercredi 1er juillet 2020 > Rencontre avec les 5 enfants, les graffeurs et encadrantes. Premières esquisses et repas partagé.
  • Lundi 6 et mardi 7 juillet 2020 en journées complètes > La première demi-journée, nous avons défini un style graphique et un univers général à donner à la création collective. Nous avons défini le mot « Rêve » de façon collégiale. Puis chacun a choisi un thème plus précis à travailler en individuel à partir du mot rêve.

A partir du lundi après-midi, chaque enfant a choisi sa lettre et le contenu de la lettre qu’il a peint lui-même à l’aide des graffeurs.
4 enfants ont choisi leur thème et réalisé leur lettre en semi-autonomie, accompagnés par les artistes. Pour le dernier, sa difficulté à être en groupe nous a emmené à adapter la prise en charge et son intégration dans le groupe. Il a réalisé 1 demi-journée le lundi et une demi-journée le mardi, il était accompagné en individuel par l’un des graffeurs. Sa participation a elle aussi été adaptée du fait d’une difficulté de concentration assez importante. Il a participé à la réalisation d’une lettre en alternance avec une activité de remplissage des triangles qui permettait de le contenir plus longtemps.
Au terme de la réalisation de la fresque, les graffeurs ont proposé un atelier peinture sur toile et chaque enfant a pu ramener une création chez lui.

Mot d'un enfant et de son père suite au projet :

« J’ai bien aimé faire du graff sur un mur.
C’est une nouvelle expérience. J’ai appris des choses. C’était un travail collectif mais chacun avait sa lettre à faire et on a été aidé par les graffeurs.
Je suis fier du résultat et fier de ma partie.

J’ai choisi la lettre V et intégré Duffi, le personnage du Manga One Peace parce que j’aime ce Manga, l’histoire et les dessins ».
Mathéo

« Pour les jeunes ça permet d’apprendre un art urbain au lieu de faire des bêtises sur les murs.
Je suis fier de ce qu’a fait mon fils. Je trouve que ce projet a pour valeurs d’apprendre aux jeunes le respect des uns et des autres et de leur environnement ».
Le père de Mathéo